Mission belge Antarctique 2018

Auteur/autrice : BelAntar (Page 2 of 5)

Un jour dans la vie d’une équipe de forage de glace en Antarctique

Ecrit par Sarah Wauthy

Maintenant que nous sommes bien installés au site principal où a lieu le forage, il est temps de vous expliquer comment se passe une journée typique chez nous. Vous êtes curieux n’est-ce pas ?

Pour commencer, notre journée dépend de « l’équipe » à laquelle on appartient car nous sommes séparés en deux groupes. Non, je ne vous parle pas ici d’un match de football !

Pour en revenir à notre organisation, le premier groupe se lève aux alentours de 7h pour un petit-déjeuner collectif à 7h30 suivi d’une journée de travail de 8h à 20h avec une pause lunch d’environ une heure vers 12h30. Ce premier groupe est constitué de Nander, Sainan, Hugues et Christophe (notre guide).

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Mesures de la neige

Par Nander Wever

Dans des billets précédents, nous avons expliqué au combien la neige était importante pour le bilan de masse de l’Antarctique. Pendant la campagne, nous avons analysé régulièrement la structure de la neige.

Nous sommes particulièrement intéressés par la densité. La méthode classique consiste à creuser des puits dans la neige et à mesurer la densité à différentes profondeurs. Cependant, creuser ces puits prend beaucoup de temps et ne donne que des informations ponctuelles.

Nous savons que la neige en Antarctique est particulièrement variable. Il n’y a pas que des différences entre la côte et le plateau central. Même sur un mètre, la neige peut être très différente à cause de l’érosion du vent et de la déposition.

Pour pouvoir faire rapidement un grand nombre de mesures et étudier la micro-structure de la neige, nous avons utilisé un instrument appelé SMP (Snow Micro Penetrometer). Nous avons fait des mesures aussi souvent que possible.

Nander analysant la neige avec le SMP pendant un arrêt de notre convoi vers le site de mesures. La photo montre aussi combien la couverture de neige est variable dans la région.

Nander analysant la neige avec le SMP pendant un arrêt de notre convoi vers le site de mesures. La photo montre aussi combien la couverture de neige est variable dans la région.

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Qui rencontre-t-on en Antarctique ?

Par Hugues Goosse

Il ne faut pas faire de généralités parce que la perception est très différente dans certaines bases américaines ou plus de 1000 personnes peuvent être présentes en été et la station Princesse Elisabeth qui peut accueillir une cinquantaine de personnes au maximum.

On peut quand même dire sans inquiétude qu’on rencontre beaucoup moins de gens qu’ailleurs et que si on prend la motoneige le matin pour aller sur le terrain, même aux heures de pointes, on ne croise pas grand monde.

Trajet en motoneige le long d’une trace laissée par un chasse-neige (Photo Sainan Sun)

Trajet en motoneige le long d’une trace laissée par un chasse-neige (Photo Sainan Sun)

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Bienvenue dans le mode de l’ETISOL !

 

Par Jean-Louis Tison

Bonjour à tous !… Aujourd’hui, des échos frais de la tente de forage, pour vous en dire un peu plus sur la « seconde phase » du processus, où nous nous sommes vus obligés de basculer vers un mode de forage en « phase liquide ».

Comme mentionné dans une de mes précédentes missives, à partir d’une profondeur de 90-100m, peu après que la transformation de neige (densité de 0.5 g/cm3) en névé (densité 0.5-0.82 g/cm3) puis en glace (densité 0.82-0.92 g/cm3) se soit accomplie, la différence de pression entre la glace environnante et la colonne d’air dans le trou de sondage « à sec » devient trop importante.

Les chocs mécaniques de la coupe de la tête de forage produisent de la glace en petits disques de quelques centimètres d’épaisseur qui rendent l’analyse ultérieure extrêmement ardue, voire impossible dans certains cas (analyse de la composition en gaz par exemple, du fait de la contamination par l’atmosphère actuelle le long des fractures).

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Peut-on faire un bonhomme de neige en Antarctique ?

Par Hugues Goosse

Juste après des chutes de neiges, on a pu faire ici relativement facilement des boules de neiges car la température n’est pas trop basse. Par contre, ce n’est pas facile de faire un bonhomme de neige comme vous le faites peut-être à la maison en partant d’une petite boule et en la faisant rouler dans la neige, la boule augmentant de taille à chaque tour.

Votre expérience personnelle vous dit probablement que pour faire des boules de neige ou un bonhomme de neige, vous avez besoin de neige fraiche à une température relativement élevée. La neige doit ‘coller’ suffisamment pour permettre de réaliser des boules compactes qui ne se désagrègent pas si vous les lancez ou si vous voulez en assembler plusieurs pour faire un bonhomme. Continue reading

Nous vous souhaitons une bonne année 2019 depuis l’Antarctique !

Nous vous souhaitons une bonne année 2019 depuis l’Antarctique !

Par Hugues Goosse

2018 s’est terminé pour nous par une tempête de neige qui s’est maintenant calmée. Heureusement, nos tentes ont bien résisté malgré la neige et le vent fort.

Durant ces ‘jours blancs’, la visibilité est réduite à quelques mètres. Pendant la tempête, Pierrick, le mécanicien de l’équipe, a déblayé la neige avec le chasse-neige pour éviter une trop grande accumulation dans le camp. Les conditions étaient telles qu’il a dû utilisé le GPS pour éviter de cogner le mur de neige qui nous protège (dans ce cas précis seulement un peu) du vent.

Il est difficile de transmettre l’impression donnée lors des jours blanc mais voici une vue de notre camp. Les taches légèrement plus sombres au milieu de l’image sont les motoneiges à environ 10 mètres. L’appareil photo peut avoir quelques problèmes dans ces conditions et n’a sans doute pas pu réaliser une bonne mise au point mais l’image n’est pas plus floue que la réalité.

Dans ces circonstances, le forage de la carotte peut continuer grâce à la protection apportée par la tente. Cependant, pour ceux qui doivent faire des expériences à l’extérieur, c’est tout simplement impossible. Continue reading

Une semaine sur le terrain

Par Hugues Goosse

Nous sommes maintenant depuis plus d’une semaine à notre camp principal et nous nous consacrons pleinement aux différentes mesures.

Les conditions météos sont jusqu’ici très bonnes, avec une excellente visibilité et des températures relativement élevées. Ce sont des conditions parfaites pour les mesures radars de l’épaisseur de la neige et de la glace ainsi que de la structure des différentes couches de neige.

Mesures de l’épaisseur de neige le long de trajet de plusieurs kilomètres en utilisant un radar posé sur un traineau tiré par une motoneige

Mesures de l’épaisseur de neige le long de trajet de plusieurs kilomètres en utilisant un radar posé sur un traineau tiré par une motoneige

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Un Noël blanc

Par Hugues Goosse

Je dois admettre que le titre de ce billet est un peu facile. Quand on est au sommet de plus de 500 m de glace, difficile d’imaginer qu’on va en manquer même en plein été ! On aurait pu dire 500 m de glace seulement, parce que nous sommes près de la côte. Sur le plateau central de l’Antarctique, l’épaisseur de glace peut dépasser 4000 m.

Vue de notre camp au environ de minuit quand le soleil est le plus bas. (Photo Nader Wever)

Vue de notre camp au environ de minuit quand le soleil est le plus bas. (Photo Nader Wever)

Comme pour beaucoup de gens, ce jour sera un peu spécial pour nous. Même si nos options en vêtement sont fort limitées, nous essayerons d’être aussi élégants que possible et certains porterons des habits ou chapeaux de Noël.

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Que mange-t-on en Antarctique ?

Par Jean-Louis Tison

Et bien, cela dépend de quand, où et qui vous êtes !

La première fois que je suis allé en Antarctique, en 1987, c’était avec la British Antarctic Survey. Nous avons atterri à Rothera Base, dans la péninsule Antarctique (la « pointe » faisant face à l’Amérique du Sud). La base y avait été récemment reconstruite et la vie y était déjà très confortable : rien à voir avec les premiers explorateurs de l’Antarctique !

La base était équipée d’une cuisine complète, avec du pain frais cuit tous les matins .

La cuisine à la station Rothera en 1987 (Péninsule Antarctique, British Antarctic Survey).

La cuisine à la station Rothera en 1987 (Péninsule Antarctique, British Antarctic Survey).

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Pourquoi et comment fait-on un sondage radar à la surface de l’Antarctique ?

Par Sainan Sun

L’intérieur du continent Antarctique est couvert par de la glace, jusqu’à 4000 mètres d’épaisseur, accumulée sur des millénaires. Sur le long terme, la glace est compressée en couches et il est possible de tirer des informations sur le climat passé à partir de ces couches.

La structure interne et les propriétés de la glace ainsi que ses propriétés basales sont donc intéressantes pour la glaciologie et la climatologie. Le sondage radar de la glace est dès lors un outil très utile pour l’étude des glaciers et des calottes glaciaires et est actuellement largement utilisé pour étudier l’Antarctique.

Les techniques de sondage radar sont basées sur la propagation d’une onde électromagnétique à travers la glace. Un système radar contient un générateur d’ondes, une antenne de transmission et une antenne de réception.

Le transmetteur envoie un pulse vers le bas, qui est partiellement réfléchi sur les discontinuités et retourne vers la surface où les signaux sont détectés par le receveur.

Schéma d’un protocole de mesure radar où le transmetteur (TX) et le receveur (RX) sont déplacés en gardant la même distance entre eux à la surface du glacier.

Schéma d’un protocole de mesure radar où le transmetteur (TX) et le receveur (RX) sont déplacés en gardant la même distance entre eux à la surface du glacier.

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