Par Jean-Louis Tison

Et bien, cela dépend de quand, où et qui vous êtes !

La première fois que je suis allé en Antarctique, en 1987, c’était avec la British Antarctic Survey. Nous avons atterri à Rothera Base, dans la péninsule Antarctique (la « pointe » faisant face à l’Amérique du Sud). La base y avait été récemment reconstruite et la vie y était déjà très confortable : rien à voir avec les premiers explorateurs de l’Antarctique !

La base était équipée d’une cuisine complète, avec du pain frais cuit tous les matins .

La cuisine à la station Rothera en 1987 (Péninsule Antarctique, British Antarctic Survey).

La cuisine à la station Rothera en 1987 (Péninsule Antarctique, British Antarctic Survey).

Par contre, sur le terrain, nous nous nourrissions de nourriture séchée, stockée dans ce qu’on appelle une ‘man food box’ (datant parfois des années 50 ) contenant : des fruits secs, des biscuits militaires, du riz, des repas déshydratés (3 types), des soupes, du bacon en boîte, du thon ou des sardines dans de l’huile, du beurre (libellé « ne pas maintenir sous 0°C »), du chocolat (Cadbury, pas de Côte d’Or !) et bien sûr, du porridge et du Vegemite (une sorte de soupe épaisse presque solide utilisée comme pâte à tartiner pour le pain… une véritable expérience… à ne pas confondre avec le Marmite… au risque de fâcher les Britanniques !).

Le contenu d’une “manfood box” sur le terrain avec le British Antarctic Survey en 1987.

Le contenu d’une “manfood box” sur le terrain avec le British Antarctic Survey en 1987.

La base belge est évidemment aussi équipée d’une cuisine moderne, avec un bon cuisinier et toutes sortes de friandises. Et sur le terrain, c’est nettement mieux qu’à l’époque avec les Britanniques.

Le cuisinier de la base prépare une grande variété de repas et du pain frais qui sont ensuite mis sous vide et congelés. Ces repas sont emportés sur le terrain et enterrés dans une tranchée près du container-cantine, pour les garder froids et à l’abri du soleil. Il ne reste qu’à faire bouillir un peu de neige fondue, laisser le paquet mijoter un peu, ouvrir et manger ! C’est bien meilleur que le restaurant universitaire (NDLR : de l’ULB 😉 ), je peux vous l’assurer !

Cette année, nous avons une importante délégation asiatique avec nous, donc riz et cuisine surprise aussi !